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Clément Gœthals

Co-directeur artistique

Je suis metteur en scène et comédien, formé en mise en scène à l’INSAS.
Très tôt, une évidence s’est imposée à moi : travailler seul ne m’intéresse pas. Ce qui m’anime, c’est l’altérité. La troupe. Les groupes en mouvement. Fédérer des artistes, provoquer des rencontres, inventer des combinaisons humaines qui se transforment mutuellement dans le travail. Observer les dynamiques entre interprètes et créateur·rice·x·s est devenu un moteur fictionnel puissant. C’est dans ces frictions, ces attachements et ces déséquilibres que je puise la matière de mes personnages.

Comme comédien, j’ai travaillé sous la direction d’Armel Roussel, François Gillerot, Violette Pallaro, Salvatore Calcagno, Vincent Goethals, Angèle Baux Godard, Jean-Baptiste Delcourt, Steve Gagnon…
Côté mise en scène, j’ai créé Tout ce vide me bourre la panse (2013), Et la Tendresse ? (2016), Traces d’étoiles — cocréation avec Angèle Baux Godard et Jean-Baptiste Delcourt (2017), L’empreinte du vertige (2019), CARNAGE avec Hélène Beutin (2020), Alzheimer Project avec Angèle Baux Godard (2021). J’ai également accompagné la chorégraphe Tara Saclier (2023), François Gillerot (2025), Marie Darah et Alexandra Castard (2026) dans leurs créations récentes.

Je développe actuellement quatre nouvelles créations : Débris d’amour avec Angèle Baux Godard. Amitiés avec François Gillerot. Tartare avec Hélène Beutin. Et Pétrichor.

Mon parcours est traversé par des collaborations au long cours, notamment avec Hélène Beutin et Angèle Baux Godard. Avec iels, le travail dépasse la production d’un spectacle : il s’agit d’inventer des langages communs, d’élaborer des méthodes et des dispositifs, de se déplacer ensemble. Ces fidélités structurent profondément ma pratique.

Ma pratique s’affirme aujourd’hui de plus en plus transdisciplinaire. J’explore la fiction non comme simple récit, mais comme espace de transformation : outil de soin, de déplacement, de réparation et de (dé)construction. Je travaille en troupe, dans des processus au long cours, fondés sur la fidélité et la circulation des rôles. Chacun·e·x participe pleinement à l’élaboration des formes et des récits. Mes créations partent de personnages qui brûlent de vie, où les corps vibrent jusqu’à fissurer le silence. Le plateau devient un lieu d’expérience immersive : un théâtre du ressenti qui s’adresse d’abord au ventre, aux textures — plastiques, corporelles, dramaturgiques — avant d’ouvrir la pensée.

La jeunesse traverse mon travail comme une nécessité intime et politique. Je crée avec et autour d’elle comme force vive - espace de vulnérabilité, de rage, de désir et de réparation. En quittant moi-même cette jeunesse, je sens que ma manière de m’y relier se déplace : moins dans l’identification, davantage dans l’écoute et la transmission.

En tant qu’homme blanc, j’interroge activement ma position, mes privilèges, mes angles morts et les héritages que je porte. Cette vigilance traverse concrètement mes processus : déplacer les centres, ouvrir les espaces de décision, rendre visibles d’autres récits que le mien, interroger les fictions que je construis et la manière dont je constitue les équipes…

Depuis plusieurs années, j’explore la foule comme organisme vivant. Des meutes. Des groupes sans centre fixe, sans héros. Des performeur·euse·x·s habitent ces dispositifs, matière vivante où pratiques sonores, physiques, plastiques, textuelles et chorégraphiques s’entrelacent pour faire émerger des présences.
Je travaille à faire des spectacles qui prennent soin des présences qui les composent.