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L’empreinte du vertige

  • Angèle Baux Godard
    Porteuse de projet, auteure, comédienne
  • Clément Gœthals
    Metteur en scène, scénographie
  • Jérémy David
    Création sonore, musicien
  • Marine Vanhaesendonck
    Création costumes
  • Amélie Géhin
    Création lumière
  • Hélène Beutin
    Assistantx scénographie, construction
  • Nathalie Moisan
    Stagiaire scénographie
  • François Gillerot
    Chargé de production
  • Serge Gutwirth
    Photographies
  • La FACT, Le Théâtre des Martyrs, Le Rideau de Bruxelles, La Coop asbl
    Coproduction
  • Comédie de l’Est - CDN de Colmar, Théâtre des Doms d’Avignon, Théâtre du Peuple de Bussang, Bourse de recherche de l’aide à la création à la Communauté française, Shelterprod Taxshelter.be - ING, Tax- Shelter du gouvernement fédéral belge
    Aide et Soutien

Elisa, au volant de sa voiture, percute de plein fouet une panthère. Le choc, tel un effet boomerang, fait jaillir son passé, alors qu’un ami imaginaire : L’autre, apparaît sur la banquette arrière.

N’arrivant plus à rentrer chez elle, elle commence à filer tout droit, non pas pour fuir mais pour comprendre et s’approprier un corps qui lui est étranger.

Telle la panthère laissée gisante sur le bord de la route, Elisa revient à la vie. A coups de flash-back et batterie, elle nous embarque dans son périple, accompagnée par L’autre, musicien à l’oreille attentive. De la blessure à la résilience, souvenirs, voix, corps s’entremêlent pour faire sauter les verrous de son corps et de ses désirs.

A travers un road-trip fantastique et percussif, nous sommes aspiré∙e∙s dans un récit de l’intime. Là où les mots n’arrivent ni à être dits ni à être écoutés, l’histoire de Elisa, anti-héroïne du féminin, dynamite les clichés dans lesquels la sexualité est toujours emprisonnée. Entre musique, texte et mouvement, mêlant poésie et rock’n’roll, L’empreinte du vertige est un vrai électrochoc et une ode à la vie.

Note de l’auteure

J’ai écrit L’empreinte du vertige parce qu’un jour ma propre histoire a rencontré́ celle d’un million de femmes.Victime d’une pathologie méconnue du grand public et d’un acte pédophile, j’ai passé mon adolescence dans le silence et le combat pour trouver la paix et la joie. Au cours de ces années, ma langue s’est déliée et mes oreilles se sont ouvertes. Découvrir l’immense banalité de mon histoire, le nombre considérable de sœurs de chagrin me mit la plus grande claque de ma vie.
Le vaginisme dont j’étais atteinte n’était pas un mal extraordinaire dont j’avais hérité par je ne sais quel hasard morbide. Non, le vaginisme était partout, plus ou moins violent, plus ou moins caché, plus ou moins connu. Je prenais conscience de l’immense tabou que constitue la découverte sexuelle et le développement d’une intimité.

Comment est-ce possible de vivre dans une société de l’ultra communication et que certaines femmes ne connaissent même pas le nom du mal dont elles sont atteintes?
Comment est-ce possible qu’en 2018, tant de femmes soient encore muselées, muselant par ricochet les hommes ou les femmes qui les accompagnent, les aiment, les admirent, les soutiennent, les fuient?

Dès lors, de quoi héritons-nous? Que désirons-nous transmettre?

Ainsi est née Elisa, héroïne de l’empreinte du vertige, avatar de ma vie, messagère de ma révolte, dénonciatrice du scandale. Il fallait donner corps à cette voix et la faire résonner dans les oreilles de ceux qui ne savent pas, ceux qui ont peur, ceux qui se taisent et de tout un chacun.
Parler du vaginisme n’est qu’un prétexte.
Parler de sexe n’est qu’un prétexte.
Parler de sexualité est compliqué, d’autant plus lorsqu’il s’agit de sa découverte. Parce qu’il existe une multitude de tabous à ce sujet nous rendant honteux sous la pression de la performance, de la perfection, de la soi-disante liberté sexuelle.
Parce que dans l’adversité de ces tabous, la dépression ne rôde souvent pas loin.
Parce que la résilience est possible.
Parce que les chiens peuvent faire des chats.
Parce que la fatalité n’existe pas sauf dans notre mortalité.