Débris d’amour
En création
- Angèle Baux Godard &Clément GœthalsEcriture / Conception / Jeu
- Cécile GaconCréation scénographie et costumes
- Eline SchumacherDirection acteur·ice
- Aurélien LabruyèreIntervenant improvisation
- Olivier GauducheauConstruction
- La FACTProduction
- La Charge du RhinocérosProduction & Diffusion
- Cie fantômeCoproduction
- B.A.M.P, Le Château de Monthelon, Le Théâtre Royal de l’Ancre, La Chaufferie acte 1Soutien & Accueil en résidence
- La Fédération Wallonie-Bruxelles - Service du ThéâtreAvec l‘aide de
Lucas et Emma n’ont pas vu leur mère depuis plus de dix ans.
Après une longue peine de prison, elle va enfin sortir.
Sans prévenir, sans contact. Ou presque.
Lucas décide alors de convaincre Emma d’aller la chercher le jour de sa sortie.
Ainsi commence la fiction, sans préambule, sans mise en contexte.
Le voyage s’impose. Un frère et une sœur se mettent en route. Iels avancent à l’aveugle, porté·es par un besoin mêlé de colère, de tendresse et d’attente confuse.
La première partie du spectacle est construite sur un rythme soutenu, nerveux, à l’image de leur course vers ce qu’iels ignorent encore.
Leurs retrouvailles sont chargées : de souvenirs enfouis, de différends jamais réglés, de blessures communes, mais aussi d’un amour profond et d’une complicité indéfectible.
Iels se parlent comme on parle quand on s’est toujours connu·es, avec des raccourcis, des vannes, une langue drôle qui fuse, vacille, ricoche entre les silences. Une langue qui
les protège. Qui les trahit aussi.
Peu à peu, les morceaux de leur histoire émergent, en puzzle, révélant la violence d’une absence longtemps tue, celle d’une mère stigmatisée par la société.
Mais ce qu’iels trouvent au bout du trajet n’est pas ce qu’iels attendaient.
Nora, leur mère, est partie.
Sortie de prison sans les prévenir, elle n’a pas cherché à les revoir.
Elle a disparu, une seconde fois.
Et tout bascule.
Lucas et Emma se cloîtrent dans une chambre d’hôtel. Un lieu d’arrêt. Un sas de décompression où la réalité vacille. La chambre devient un espace mental suspendu.
Le présent se fissure, le passé, les souvenirs et les cauchemars ressurgissent. Sur ce lit, véritable radeau, agrippé·es l’un·e à l’autre, iels réveillent leur enfance. Se déploie alors une langue poétique, cabossée, où la force de l’image prend peu à peu la place des mots.
Sans ordre ni logique, dans un chaos fragile, les spectateur·ices revisitent avec elleux les lieux d’enfermement, les endroits clos qui ont jalonné leur vie : la cellule de prison, la chambre où, petit·es, la police a arrêté leur mère, les piaules du foyer et des familles d’accueil, leur premier kot étudiant, leur cachette secrète, rendez-vous des fugues, dans la cabane du marais…
Ces espaces se superposent, se mêlent, dessinant un labyrinthe émotionnel où le réel et l’imaginaire se confondent.
Nous ne disséquons pas un fait divers, ne donnons pas en pâture la coupable. Emma et Lucas ne règlent pas leur compte. Ce n’est pas un face-à-face, mais une plongée dans l’absence, le manque et leurs galères.
À travers cette fable contemporaine, c’est toute une série de questions qui affleurent : Comment se construire quand on grandit dans l’ombre d’un·e parent·e incarcéré·e ? Comment aimer quelqu’un·e que le monde vous interdit d’aimer ?
Et que faire, quand cette personne ne vous aime peut-être plus ? Ou du moins, ne semble plus chercher à vous retrouver ?
Au cœur du récit, il y a la complexité du lien entre un frère et une sœur. Un lien qui résiste. Qui vacille. Qui s’invente une langue
pour survivre.
Une tendresse brute. Une loyauté complexe. Un amour forgé dans le manque.
Débris d’amour.